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Concours IGEM 2018 : ils ont attrapé le virus !

Publié il y a 10 mois

Du 25 au 28 octobre derniers se tenait, à Boston, la fameuse compétition internationale de biologie de synthèse, IGEM 2018. Habituée aux podiums (bien que renouvelée chaque année), l’équipe d’Évry, soutenue par Grand Paris Sud depuis 2013, y a décroché une médaille d’or. Ses travaux sur un système de communication innovant entre les bactéries ont également été nommés pour le prix « Best New Composite Part ». Mais qui sont ces étudiants passionnés ?

« Moi je ne suis pas scientifique, alors je suis un cas un peu spécial. » C’est Adèle Mazelin, la responsable du pôle événement, pédagogie et relation avec le public, qui nous éclaire. Proche d’Estéban Lebrun, le chef d’équipe, elle suit les réunions d’information avant de se passionner pour le sujet. « Cela faisait plus de 4 ans qu’il me parlait tout le temps de cette compétition. C’est une véritable institution pour la communauté scientifique et participer à ce concours, quand on est biologiste, ouvre beaucoup de portes. Rappelons qu’il a été créé par le célèbre M.I.T. » Adèle et Estéban sont Normands. Estéban a découvert le concours via une vidéo YouTube. Il s’est alors passionné pour la biologie synthétique et a rapidement souhaité participer à la compétition en intégrant l’équipe IGEM Genopole Évry Paris-Saclay. Pour ce faire, il choisit de s’inscrire en Master Biologie Systémique et Synthétique à l’Université d’Évry.

Un projet global

Entrainée par son compagnon, Adèle Mazelin a elle aussi été séduite par cette aventure. « Je suis historienne des sciences et c’était l’occasion rêvée de voir comment ça se passait dans une équipe scientifique. » Mais la jeune femme a également mis la main à la pâte : elle a été chargée de faire de la vulgarisation et de l’éducation auprès des publics. Car le concours IGEM (International Genetically Engineered Machine Competition), qui réunit 340 équipes de 45 pays, n’est pas qu’un projet scientifique. La notion d’éducation et d’engagement auprès du grand public est également très importante.

Des parcours variés

Les premières réunions débutent en octobre 2017. L’engouement sera quasi immédiat et l’équipe, composée de 19 membres de Masters des Universités d’Évry Val-d’Essonne, de Paris-Sud, de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et de Licence Sciences de la vie de l’université d’Évry, se forme rapidement. La moyenne d’âge est de 22 ans, mais l’ainé a 39 et le benjamin 20. Quant aux parcours, ils sont eux-aussi très variés : biologistes, microbiologistes, bio-informaticiens, historienne, mais aussi juriste dans droit de la santé, illustratrice… « Nous nous sommes tous super bien entendus, l’ambiance était géniale. D’ailleurs, nous continuons de nous voir. »

Apprendre aux bactéries à parler virus

Pourtant, « la lumière » n’est pas venue tout de suite. Malgré les réunions qui se succèdent, aucun sujet ne semble sortit du lot et l’équipe prend du retard. C’est finalement après avoir pris connaissance d’un article sur la communication des bactériophages (des virus qui infectent les bactéries) que les étudiants ont le déclic : ils vont utiliser ce système de communication et l’appliquer aux bactéries elles-mêmes ! Le projet est baptisé PEPTalk. « Quand plusieurs bactéries différentes sont dans un même milieu, elles communiquent mal ou pas du tout et se détruisent par épuisement quand elles doivent travailler, explique Adèle. Nous voulions créer un système pour leur permettre de communiquer. Ce système pourrait empêcher l’épuisement puisqu’on ferait travailler plusieurs sortes de bactéries ensemble. Elles se partageraient les tâches. » Un projet ambitieux qui va aider les biologistes et faire avancer la recherche fondamentale.

Un travail d’équipe

Un projet qui a demandé une entente parfaite et un savant partage des tâches. Avec leurs conseillers (« advisors ») Estéban et Angelo Cardoso Batista se sont d’abord occupés de créer les séquences génétiques permettant de réaliser le projet. Les biologistes ont ensuite travaillé dans un laboratoire prêté par Genopole entre juin et septembre. « Axel Radin et Paul Ahavi ont vraiment fait un super boulot, commente Adèle. Ils sont souvent restés tard au labo et ils ont travaillé comme des malades. » Les travaux aboutissent en septembre. En octobre, 10 représentants de l’équipe partent à Boston. On connaît la suite. La « team » obtient la médaille d’or et est nommée pour le prix « Best new composite part ». Il récompense la caractérisation d’une nouvelle brique d’ADN utilisée en biologie synthétique pour modifier le comportement d’une bactérie. C’est le meilleur résultat jamais obtenu pour l’équipe IGEM Genopole Évry Paris-Saclay.

Une belle aventure

« Ce fut une belle aventure, résume Adèle. Et les débouchés sont importants. Pour beaucoup, c’est aussi l’assurance d’avoir un stage prestigieux. Estéban a ainsi décroché un stage à l’Imperial College de Londres, l’université qui dispose du meilleur laboratoire de biologie synthétique d’Europe ! Suzanne, qui nous a fait toutes les illustrations, va utiliser cette expérience pour alimenter son book afin de faire de l’illustration scientifique. Moi j’ai acquis de nouvelles compétences dans l’organisation d’événements… On a tous appris quelque chose ! »

Découvrez l’équipe au complet ici : http://2018.igem.org/Team:Evry_Paris-Saclay/Team

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